Culture & Art de vivre

Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 18:40

e Romantisme est un courant artistique né au XVIIIe siècle en Allemagne, sous l'appellation Strum und Drang ("Tempête et Passion") avec le roman Les souffrances du jeune Werther de Goethe. En France, il sera introduit par Madame de Staël et François-Réné de Chateaubriand, puis popularisé par Victor Hugo.
Le Romantisme se veut l’opposé du classicisme. Il prône la souveraineté du rêve, du sentiment, de l’émotion, sur les futilités de la raison, du récit propre et académique d’inspiration gréco-romaine propre au XVIIe-XVIIIe siècle.
L’écrivain romantique, souvent poussé par la mélancolie, jette son verbe sur les pages, crachant parfois un venin provocant, dont le but est de faire ressentir une émotion au lecteur, de l’inciter à réfléchir sur sa propre condition et sur l’univers si noir qui l’entoure, à travers des thèmes forts tels que l’Amour, la Mort, le Néant, …
La chute du Ier Empire entraîna la fin de l’héroïsme. Condamnée à l’immobilisme social sous la Restauration, la jeunesse française vient à ressentir une profonde mélancolie, un ennui certain : ce que l’on appela « le Mal du siècle ».
La vie se fait morne, l’avenir sombre ; face à ce spleen baudelairien ambiant, le romantique tente de se construire une raison de vivre, un idéal qu’il espère retrouver dans le passé (intérêt pour le Moyen-âge), en exaltant le mystère et le fantastique, en cherchant le sublime, l’Amour et le ravissement jusque dans le morbide. 
Le romantique est une personne à forte sensibilité, rêveuse, torturée, désespérée mais fière et déterminée.


"C'est l'étrangeté ajoutée à la beauté qui confère un caractère romantique à l'art." – Walter Pater
 

Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 18:48
 


nfants d'un siècle d'ennui, à l’instar des romantiques, les dandies étaient aussi des révoltés luttant contre les convenances de leur siècle. Mais à la place des Arts, les dandies recherchèrent un idéal dans l’esthétisme et sur l'ego. Pour Albert Camus, le dandysme est une des formes les plus radicales de la révolte romantique.
Mais qu’est-ce qu’un dandy ? Il est difficile de trouver des points communs entre Brummel, le « roi des dandies » qui s’habillait sobrement tout en faisant attention à ses gilets ; entre Barbey d’Aurévilly qui se vêtait d’accessoires à outrance, au risque de paraître ridicule malgré lui ; entre Baudelaire, dont l’austérité de la mise – avec son habit intégralement noir dont la seule transgression esthétique était sa cravate éternellement noire nouée de façon grossière (quoiqu’elle devait plus venir de son penchant romantique que dandy) et ses gants rose ; entre Wilde, cet écrivain irlandais reconnu qui pouvait se rapprocher d’un Barbey d’Aurévilly mais en moins extravagant ; ou encore entre Byron, ce poète romantique qui dédaignait la cravate, ne la portant qu’en de rare occasion, d’une façon toute romantique : les pans dénoués flottants au vent.
Esthétiquement donc, il n’y a rien en commun entre ces grandes figures du dandysme. Ainsi, ce dernier n’est pas une simple affaire de mode, loin de là. Pour paraphraser Barbey d’Aurévilly, « Ce n’est pas un habit qui marche tout seul ! Au contraire ! C’est une certaine façon de le porter qui fait le dandysme »1.
Est-ce donc une attitude ? Une philosophie de l’élégance, l’élégance du corps et de l’esprit ? Il est possible que ce soit cela. Un culte rendu à soi-même, une glorification de la vanité ? Certes, voilà qui est plus proche de la réalité. Les dandies sont vaniteux, car à quoi cela sert-il d’être humbles si ce n’est de finir comme un esclave alors qu’on peut s’élever au rang de dieux ?
Cette vanité, on la retrouve souvent chez les dandies : « J’ai mis tout mon génie dans ma vie ; je n’ai mis que mon talent dans mon œuvre » disait Oscar Wilde. Mais parfois, l’on peut constater qu’à trop être vaniteux, on en perd le sens de la courtoisie, voire même de la galanterie. Que Brummel se moque ouvertement du Régent d’Angleterre2 peut aisément se pardonner, les Anglais étant de bien grossières personnes pour connaître le sens même de cette art tout français qu’est la courtoisie ; mais qu’un Français comme Barbey d’Aurévilly (encore lui !) se moque de l’attitude de d’Orsay, je m’offusque !3 Même si le dandysme est anglais, il n’est nul besoin de singer les mœurs anglaises ! Si cela ne tient qu'à un terme, changeons-le... Soyons dandies mais restons Français que diable ! En cette ère où toutes les notions de courtoisie et de galanterie sont tombées en désuétude, quoi de plus élégant, de plus glorieux, de plus divin que de les sortir de leurs écrins poussiéreux afin de les faire resplendir de nouveau de leur éclat d’antan ?


"Le dandysme n’est même pas, comme beaucoup de personnes peu réfléchies paraissent le croire, un goût immodéré de la toilette et de l’élégance matérielle. Ces choses ne sont pour le parfait dandy qu’un symbole de la supériorité aristocratique de son esprit." –
Charles Baudelaire

__________
1 In Du Dandysme et de George Brummel, Ch. V, Barbey d'Aurévilly, 1845.
2 Brummell se moqua un jour de l'embonpoint du Régent d'Angleterre en le surnommant Big Ben (le gros Ben), un surnom donné à un de ses valets. L'insulte y est double, puisqu'en plus de se moquer de sa surcharge pondérale, Brummell, rabaisse le Régent au rang de domestique. Une petite histoire qui sera à l'origine de son exil.
3 « Quant à ce duel charmant de d'Orsay, jetant son assiette à la tête de l'officier qui parlait mal de la Sainte Vierge, et se battant pour elle, parce qu'elle était femme et qu'il ne voulait pas qu'on manquât de respect à une femme devant lui, quoi de moins dandy et de plus français ?... », In Du dandysme et de George Brummel, Ch. XI, Barbey d'Aurevilly, 1845.

Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 20:46

 

Klosterfriedhof im Schnee (1819) de Caspar David Friedrich (1774-1840), peintre romantique



e roman gothique ou gothic novel est un genre littéraire d’origine anglaise, précurseur du roman noir français (alors que les Anglais gardent toujours le terme "gothic" pour parler des romans s’inspirant du roman gothique en les nommant "gothic fiction"), et inspirateur de la littérature fantastique horrifique.

I – Origines

Gothique vient du mot latin gothicus, "barbare". Il fut utilisé dès le XVe siècle par les Italiens pour décrire ce qui s’inspirait du Moyen-Âge, considéré alors comme l’ère la plus barbare de l’Histoire occidentale.
Au XVIIIe siècle, alors que les anglais redécouvraient leur Histoire, les nobles se passionnèrent pour la période médiévale ; certains ce firent même construire des châteaux féodaux pour pouvoir y vivre. Parmi eux ce trouvait Horace Walpole, 4e comte d’Oxford et auteur de Le Château d’Otrante ("The Castle of Otranto, a gothic story"), l’œuvre qui mit le feu aux poudres et donna naissance à tout un genre littéraire : le roman gothique.

II – Eléments distinctifs et thèmes

Le roman gothique se reconnaît à certains procédés précis :
- la présence d’un lieu médiéval (château, crypte…) ;
- des évènements surnaturels ;
- une ambiance sombre ;
- l’importance de la Passion sur la Raison (thème qui sera le fondement du courant romantique) ;
- l'importance de la Nature ;
- la recherche de l'exotisme.

A une époque où l’on ne jurait que par les philosophes des Lumières et leur sacro-sainte Raison, le mystère et la magie devenaient des sujets intéressants, car niés et soumis au ridicule.
Le roman gothique était un forme de révolte contre cette surpuissance de la Raison ; un combat qui se poursuivra des années plus tard avec les romantiques (qui, à bien des égard, ont hérité des auteurs gothiques).
La perte de l’innocence, la séquestration, la Mort, l’effroi, l’occultisme, l’érotisme malsain… autant de thèmes tabous, car faisant peur, furent les piliers de la littérature gothique. Ces sujets furent souvent repris par d’autres auteurs et continuent d’alimenter la littérature du XXIe siècle, bien qu’aucun ne puissent désormais prétendre à l’appellation "gothique", puisque ce genre s’est éteint vers 1820.

III – Un lien avec le mouvement musical "gothique" ?

A la fin des années 1970 se créa une scission dans le mouvement punk : sa frange la moins politisée et la plus esthétique devint un mouvement à part entière, le mouvement batcave (du nom d’un club londonien de l’époque, The Batcave).
Vêtus souvent de noir et délivrant une musique plus douce que le punk, en marge du rock conventionnel, les batcaves s’amusèrent à reprendre des symboles et des thèmes inspirés du cinéma d’horreur qui avait lui-même puisé dans le roman gothique. Ayant remarqué cette adoption d’éléments gothiques par certains groupent phares de la scène batcave, les médias rebaptisèrent ce milieu, à tord, "mouvement gothique". Dès lors le mot "gothique" a perdu toute sa signification et est devenu un fourre-tout où s'entasse tout ce qui est un tant soit peu sombre. Ann Radcliffe (Les Mystères d'Udolphe, 1794) doit s'en retourner dans sa tombe...


"Où sont nos amoureuses ? Elles sont au tombeau : Elles sont plus heureuses sous un ciel plus beau" Les cydalises, Gérard de Nerval

Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /Juin /2009 18:31

ien qu'apprécié aussi bien des femmes que des hommes depuis la Renaissance, l'art vestimentaire devint à l'époque romantique, et notamment au XIXe siècle, l'apanage des seules femmes. Le costume masculin perdit de sa superbe. Néanmoins, l'homme du siècle vaurien garda sa coquetterie, bien qu'elle devint moins ostentatoire ; il l'a fit resplendir, notamment sous l'influence des dandies, qui eurent parfois mieux été nommés grotesques.
Barbey d'Aurévilly lui-même tomba dans cette débauche vestimentaire qui bien qu'elle ne soit puisse être dite vulgaire, en atteignait presque la frontière. Fait d'autant plus cocasse lorsqu'on sait que l'idole de l'auteur des Diaboliques n'était autre que Brummel, qui se vêtait aussi sobrement que ces contemporains.
A contrario, Baudelaire, dandy lui aussi, bien qu'il ne sortit jamais durant sa jeunesse sans ses gants rose, portait l'habit noir de son époque ; sa transgression résidait d'avantage dans le port quotidien d'une cravate noire, habituellement signe de deuil ; cette cravate devint le symbole des Romantiques.
Les habits portés par cette génération maudite restent actuels et, savamment mis, ils sont le signe intemporel de l'élégance masculine.
Ce qui suit n'est pas un article présentant de façon exhaustive les manières de se vêtir des hommes du XIXe. La mode de ce temps ayant connu plusieurs évolutions majeures entre l'Empire et la IIIe République, je ne ferais qu'un résumé généraliste qui a pour but de faire en partie revivre la science vestimentaire de cette époque, (avec les habits du XXIe sciècle) bien qu'il soit complété d'éléments historiques.

I – La costume

Au XIXe siècle, c'était l'habit (costume pourvu d'un queue-de-pie) qui était porté en toute occasion. Souvent noir, il était accompagné d'une cravate ou d'un noeud blanc, et d'une chemise sur lequel était passé un plastron. Ce costume est tombé en désuétude.

Le smoking, apparu plus tard, est un vêtement d'intérieur utilisé par les Britanniques lorsqu'ils allaient au fumoir. Ils enfilaient alors cette veste et la retiraient ensuite, pour ne pas sentir le tabac. Il se porte avec une chemise blanche à col cassé et un nœud noir.
Le duc de Windsor mit fin à cette coutume en portant le smoking lorsqu'il recevait ses invités ; puis les Américains en firent un symbole d'élégance et le portèrent lors des grandes occasions. Les yankees n'étant pas vraiment des modèles de raffinement, évitez le port du smoking en dehors des cocktails, à moins de souhaiter passer pour un grotesque.

Le complet trois pièces se compose d'une pantalon à pinces, d'une veste et d'un gilet. C'est le costume le plus habillé, mais aussi le plus raffiné lorsqu'il est bien porté.
N'attachez pas votre veste, mais fermez toujours votre gilet. Ce dernier peut être de la même étoffe que votre costume, mais vous pouvez aussi le changer et préférer un gilet brodé d'une couleur pas trop pastel. Il est inutile de préciser que le gilet se porte toujours avec une cravate assortie.

Le costume droit à deux ou trois boutons, ou « costume de ville » est le moins habillé. Souvent porté avec une chemise et une cravate, il peut se convertir en complet trois pièces grâce à l'ajout d'un gilet.
Une personne assez forte y devrait mettre un costume croisé.
Préférez des couleurs sobres et unies, en variant selon les saisons (noir en hiver, gris au printemps et en été, et marron en automne). Vous pouvez vous permette pour seul fantaisie les costumes noirs à fines rayures grises.
En cas de froid ou lors de sortie en campagne, vous pouvez changer la chemise par un pull à col roulé assorti au costume.

II – La chemise

La chemise était d'abord une tunique sans boutons qu'on enfilait par la tête ; les boutons ne firent leur apparition qu'en 1871.
Les cols diffèrent en fonction des chemises : 

  – Classique : col évasé ;
  – Anglais : col étroit ;
  – Italien : col plus évasé que le Classique.
  – Boutonné : col boutonné sous les pattes, afin de le fixer durablement.

Au XIXe siècle, les cols pouvaient se porter aussi bien relevés qu'abaissés. Cette mode a disparu, mais rien ne vous empêche de la faire revivre. Il vous faudra alors impérativement porter un gilet à col de veste et une lavallière ; surtout pas un gilet classique et une régate !
Les poignets, pourvus de dentelles au XVIIIe siècle, étaient fixés par des bandes de tissus. Le XIXe siècle vit apparaître les boutons de manchettes, indispensable aux poignets mousquetaires. Si possible, préférez ce type de poignets au lieu de ceux à boutons cousus.

II – La cravate et le nœud papillon

Remplaçante du jabot qui avait lui-même succédé à la fraise, la cravate est une étoffe portée par toutes les couches sociales. Au XIXe siècle, elle était de type lavallière, la cravate « moderne » régate étant apparue en 1924.
La lavallière tire son nom de la duchesse Louise de la Vallière, maîtresse du roi Louis XIV, qui portait du temps de sa splendeur une cravate à larges pans et boucles, souple et grise, couleur de la famille de la Vallière. La lavallière est donc la plus noble des cravates.
Nouée en lavallière1 ou en régate2, et plantée d'une épingle à cravate, elle sera du plus bel effet. Apprenez à nouer correctement une cravate ; c'est un art plus difficile qu'il n'y paraît mais bien nécessaire.
Le nœud le plus élégant, mais aussi le plus ardu, est le Windsor. Il est idéal pour un col classique ou italien. Si la cravate est épaisse, faites un demi-Windsor.
Pour un col anglais, optez pour un noeud simple, un noeud double ou un petit nœud.
Le nœud papillon ne se porte qu'avec un habit (il est alors blanc) ou un smoking (il est alors noir). Dans tous les autres cas n'en portez pas, notamment si vous avez un gilet... sauf si vous vous appelez Bozzo le Clown.

IV – Les accessoires

Bien que la cravate donne une touche élégante à votre mise, son port n'est pas accessoire mais obligatoire. C'est une mode typiquement américaine, venue de leur causual day de ne pas porter de cravate avec un costume. Bien que le vulgus pecudum ait adopté cette « tradition », abstenez-vous en.
Au contraire, la cravate est, comme me l'avait si bien affirmé une vieille dame, l'une des dernière coquetterie des hommes.
Si c'est une lavallière, piquez-y donc une épingle à cravate. Dans ce cas, tachez à assortir l'épingle à la cravate (dorée pour une cravate claire, argentée pour une cravate sombre) surmontée d'une pierre ou d'une perle nacrée.
Dans la cas d'une régate, vous pouvez, si vous désirez être original, fixer un clip sur la cravate. Assortissez-le à la couleur de votre cravate ou de votre gilet.
La pince à cravate est tolérée si elle sert à fixer la cravate à la chemise et qu'elle est discrète.

Pour vos boutons de manchettes, choisissez-les en fonction de votre chemise ou, si vous en portez, de votre épingle à cravate. Bannissez les épingles fantaisistes en formes de dés et autres lunettes.

La pochette n'est pas obligatoire, bien que rien de vous coûte d'y glisser un carré de soie assorti à la cravate. Il en va de même pour la boutonnière ; laissez-la vierge, ou glissez-y une fleur (véritable et non pas factice !). L'usage d'un pin's n'est toléré que s'il n'est pas fantaisiste et s'il est doré ou argenté.

La montre doit être discrète et assortie à vos aux boutons de manchettes. Elle doit être fine, à aiguilles et être attachée grâce à un bracelet en cuir. L'idéal reste la montre à gousset, glissée dans la poche du gilet.

Les chaussures doivent être en cuir et assorties au costume : elles doivent être noires pour un costume noir, bleu et gris , et marron pour un costume marron. Ne portez surtout pas de chaussures de sport avec un costume !

La canne, désormais réservée aux vieillards, étaient l'apanage de toute la bonne société au XIXe siècle.
Décorée d'un pommeau ciselé argenté ou doré, elle n'était pas faite pour la marche, mais pour sa prestance noble. La canne à pommeau est une variante de l'épée de cour, dont le port fut interdit du fait des duels qui meurtrissaient les nobles familles de France et de Navarre.
C'est un accessoire assez anachronique qui saura parfaire votre mise tout en assurant votre prestance et votre élégance.
Vous pouvez tout aussi bien vous servir d'un parapluie long comme d'une canne, du moment que celui-ci soit noir uni et pourvu d'une crosse métallique ou en bois.

Enfin, les gants doivent épousés la main et être en coton ou en velours de teinte noir ou blanche. Ne portez des gants en cuir, plus gros, que lors des périodes froides ou pour pratiquer l'escrime classique (la version sportive n'ayant aucun intérêt artistique).
____________________
1 Commencer comme un Windsor, mais ne passer pas le pan dans la boucle. Piquez-le d'une épingle à cravate pour le maintenir en place.
2 Je parle là des noeuds standards (simple, double, windsor, ...) 
Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 19:17

ranc-Maçonnerie… une appellation qui fait encore couler beaucoup d’encre. Société discrète plus que secrète, elle apeura les catholiques, fit fantasmer les écrivains et servit de bouc-émissaire aux amateurs de théories du complot. 
Les lignes qui vont suivre n’ont pas pour objet la diabolisation de cette organisation, ni même sa sacralisation. Elles ne donneront pas non plus la clé de la soit-disante énigme maçonnique pour la simple raison qu’elle n’existe pas. La présence d’un article sur la Franc-Maçonnerie vient du fait qu’elle a joué un rôle important à l’époque romantique.

  Les légendes maçonniques font remonter l’origine de cette société au compagnonnage du Moyen-Âge. En 1736, le chevalier de Ramsay la dota même d’une descendance chevaleresque Croisée, qui fut pris pour une référence à l’Ordre du Temple ; tandis qu’à la même période, la redécouverte de l’Egypte antique fit remonter la Franc-Maçonnerie à Imhotep, l’architecte de la de la plus ancienne pyramide connue, qu’il fit construire pour le pharaon Djéser. En plein XIXe romantique, l’intérêt de la population pour le Moyen-Âge, sujet présenté par les Gothiques (les vrais, les littérateurs, et non pas les punks vêtus de noir qui écoutent Bauhaus ou autre Rock FM 80’s à son grésillant qu’écoutaient les grands-parents.) renforcera l'origine compagnonnique des Francs-Maçons.
 Bien que ces références mythiques ont de quoi faire rêver, elles ne sont que des supports utilisés lors des rituels maçonniques ; car la réalité est tout autre…

  Apparue au XVIIe siècle en Ecosse, la Franc-Maçonnerie s’exporta en Angleterre où quatre loges britanniques fondèrent à Londres, en 1717, la Grande Loge de Londres et de Westminster, dans une simple auberge nommée The Goose and Gridiron. La Franc-maçonnerie apparut une dizaine d’années plus tard en France.
  Loin des compagnons médiévaux, les Francs-Maçons étaient issus des classes nobles et bourgeoises, et préféraient construire une nouvelle société à des bâtiments de pierres. Vous l’avez compris, la Franc-Maçonnerie était un rassemblement de philosophes et de théologiens de toutes confessions réunis sous un concept divin commun : le Grand Architecte de l’Univers (signalé par un « G » sur le symbole maçonnique).
  Souvent libres-penseurs, les Francs-Maçons gardaient leurs « ateliers » (réunions) secrets afin d’éviter des problèmes judiciaires – les rassemblements n’étaient pas bien vus par les autorités –, c’est ce qui a donné cette tradition du Secret absolu qu’on lui connaît encore de nos jours. C’est d’ailleurs le seul secret de la Franc-Maçonnerie ; les autres secrets étant de Polichinelle.

  La Franc-Maçonnerie utilise couramment le jargon architectural : son « Dieu » s’appelle le Grand Architecte de l’Univers (bien que, par souci de laïcité et parce que les Francs-Maçons n’étaient plus tous chrétiens, ce concept fut supprimé de la Franc-Maçonnerie française eau XIXe siècle), les réunions sont nommées « Ateliers », son symbole est un compas et une équerre – outils indispensables de l’architecte – et les sujets de réunion portent le nom de « pièces d’architecture ». Bref, les Francs-Maçon ont la volonté de bâtir. Bâtir un monde meilleur pour l’Homme. Utopiste ? Pas si sûr…
  Les Francs-Maçons, de classes aisés et donc cultivés, étaient souvent des politiciens. Ainsi, une pièce d’architecture discutée en loge pouvait devenir un projet de loi au Parlement, puis a posteriori, une loi. Ils pouvaient construirent ainsi le monde qu’ils rêvaient, et cela avec une aisance extraordinaire. On peut compter parmi les lois d’inspirations maçonniques l’abolition de l’esclavage, l’école publique, la liberté d’association, la liberté de la presse, … il paraîtrait même qu’on leur devrait la Révolution !

  Mais cet intérêt pour la philosophie des Lumières et à son anticléricalisme ne plaira pas à l’Eglise et aux monarchistes. Pourtant, malgré les nombreuses « purifications » antimaçonniques, cette organisation resta toujours debout.
  Mais elle fut victime, bien malgré elle, de son succès. De nombreuses personnalités, tant artistiques que politiques, ayant appartenu à la Franc-Maçonnerie, des politiciens plus ou moins douteux rentrèrent en loge afin de s’assurer un lien étroit avec d’imminentes personnalités politiques, et aussi par effet de mode. Pensant être protégés par cette société séculaire, ils participèrent à des affaires peu scrupuleuses, en entachant par la même occasion la Franc-Maçonnerie.

  Ces réalités sont toujours d’actualité et continuent à alimenter la presse sensationnaliste : oui, la Franc-Maçonnerie est au cœur du Parlement ; oui, elle dirige, du moins en partie, les actions de la République ; oui, une partie de ses initiés, voire certaines loges sont derrière des affaires douteuses… de quoi alimenter les ragots et les théories du complot toujours en vogue (même si le complot Juif à laissé place à celui des Francs-Maçons, des Illuminati et autres Rosicruciens… effet Dan Brown ?). Mais la question reste entière : qui, de l’Homme ou de la Franc-Maçonnerie est le véritable coupable ? Est-ce un complot mondial ou les méfaits de quelques individualités ? Je vous laisse méditer…  

Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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