Elégance au XIXe siècle : la canne

Publié le par Beliath d'Eliancourt

majuscule-D.jpge nos jours, lorsqu’on entend le mot canne, on pense à un outil servant soit à pêcher, soit à aider les vieillard à marcher. Ce ne fut pourtant pas toujours le cas.

Si la canne a bien servit à faciliter la marche des individus durant les ères primitives de notre Histoire, elle fut dès l’Antiquité l’apanage des patriciens et des hauts-gradés romains.
 canne-12.jpg Son usage nobiliaire se perdit durant le Moyen-Âge, puis elle réapparue à la Renaissance, avec Catherine de Médicis. Les Rois de France, et surtout Louis XIV en firent un objet de royauté, de puissance et d’autorité. Sa cour copiant sans-arrêt les nouveauté du souverain, le canne – assez longue à cette époque – devint l’objet de la noblesse.
  Mais il fallut attendre le XIXe siècle et en particulier le règne de Louis-Philippe d’Orléans (1830-1848) pour que la canne se démocratise. Accessoire nobiliaire sous l’Ancien Régime, elle devint celui de la bourgeoisie, et il était aussi inconcevable pour un homme fashionable de sortir sans canne que pour une femme de sortir sans chapeau. 
  Ce fut l’âge d’or de la canne : on en fit en tous types de bois, et les pommeaux étaient de véritable chef-d’œuvres de bijouterie. Argent, pierreries, ivoire, émail … toutes les matières les plus nobles y étaient présentes. Les femmes mêmes avait des cannes, moins longues que celles des hommes et enrubannées de dentelles.

  Cet accessoire vestimentaire permettait de parfaire une mise, de rendre la port droit et… de se battre ! Car les rues de Paris n’étant pas sécurisées, il était facile de tomber nez-à-nez avec des gens peu commodes. Le port de l’épée étant interdit depuis bien longtemps, on se servait donc de sa canne pour se battre.
  Appelé canne française ou canne royale, cet art martial typiquement français (à l’instar de l’escrime et de la savate) était également pratiqué par l’armée comme introduction au sabre.
  Depuis, la canne n’est portée – mis à part les personnes dites « à mobilité réduite » ou « âgées » (l’euphémisme étant un sport national de la République) – que par quelques originaux connaisseurs des bienfaits de la canne ou par certaines ligues extrêmes royalistes qui s’en servent en duel.

Publié dans Culture & Art de vivre

Commenter cet article

Dark Agony 20/01/2010


très bon texte! tu m'as appris quelque chose que je ne connaissais pas.
mais tu semble avoir oublié l'existence de la canne-épée, canne à pommeau dévissable et, dépouillée de son bois, faisant à l'occasion l'office d'une bonne vieille rapière ;)
Bonne soirée, journée