Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 21:48
Comte-d-Orsay.jpg majuscule-C.jpg ’est le 4 septembre 1801, à Paris, que naquit Alfred Guillaume Gabriel, comte d’Orsay, fils d’Albert Gaspard Grimod, comte d’Orsay et général de l’Empire, et d’Elénonore de Württemberg, baronne de Franquemont.

  En 1822, arrivé à Londres un an plus tôt, il fit la connaissance du comte et de la comtesse de Blessington avec qui il voyagea jusqu’en Italie où il rencontra et charma lord Byron, le célèbre poète romantique. C’est sous cette tutelle grandiose que le comte d’Orsay fit son entrée dans le beau monde londonien.
  Or, le bonne société anglaise de la première moitié du XIXe siècle était blasée de tout ; et la ranimer était chose difficile. Brummel le fit : il plut en déplaisant, étrange paradoxe typiquement anglais. Vaniteux et railleur, le Beau Brummel passait son temps à se moquer de ses contemporains, à se jouer des convenances ; hors cela suffit à intéresser les Anglais. A vrai dire, c’était cela le dandysme à l’anglaise : la raillerie et la méchanceté gratuite. Lord Seymour en fut un bon exemple également : il lançait des pièces au carnaval dans le seul but de voir les badauds se battre pour les récupérer ; il donnait à ses hôtes des sucreries remplis de laxatifs, etc.
  Mais le comte d’Orsay charma les Anglais d’une tout autre façon : il mariait l’esthétique anglaise aux manières françaises. Il était taquin sans être sarcastique,  impertinent sans être irrespectueux, galant sans être niais. Il fut le modèle du dandysme à la française. On se rappellera toujours cette anecdote, où d’Orsay lança une assiette à la figure d’un général, parce qu’il avait dit du mal de la Sainte Vierge et, qu’en tant que Français, il se pouvait souffrir qu’on parlasse mal d’une femme.
  Néanmoins, dire qu’il n’avait aucun tort serait mentir. Il demanda la main d’Henriett Gardiner, fille de lord Blessington, dans le but d’hériter de la fortune familiale. Henriett ne fut d’ailleurs sa femme que peu de temps. Il dépensait sans compter pour assouvir ses milles fantaisies (on le vit se promenant dans un chariot à l’allure de dragon).

  Pourtant, il fut le modèle de toute une génération. Avec lady Blessington, il organisa des salons littéraires et artistiques – nouveauté à l’époque, puisque les salons étaient habituellement exclusivement fréquentés par la noblesse.
  Lady Blessington fut un écrivain mondain à la mode jusqu’à sa mort en 1849.
  D’Orsay, appauvrit, finit sa vie en tant qu’artiste sculpteur (il fit le buste de Lamartine) et décéda le 18 août 1852. Il fut enterré sous la pyramide qu’il avait bâti lui-même et où reposait déjà lady Blessington, à Chambourcy, en Yvelines. Ensemble à la vie, à la mort, dans une éternelle amitié…  
Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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