Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 18:44

majuscule-U.jpg n livre à la main, j’étais assise sur le canapé du salon souterrain, me remémorant les évènements du soir précédent. Stéphane et moi avions été attaqués par un homme qui semblait appartenir à une organisation nommée l’Ordo Patronorum, ce qui, traduit du latin donnait « l’Ordre des Protecteurs ». Protecteurs de quoi, je me le demandais. Néanmoins l’homme avait l’air de connaître l’existence de notre race, ce qui me faisait penser qu’il ne devait pas être le seul. Et, qui plus est, ces mortels étaient loin d’être des admirateurs.  
  L’homme avait foncé sur nous, épée à la main et avait assené un coup à Stéphane en l’appelant « Le Traître ». Notre agresseur et mon hôte semblaient se connaître. Quelque chose me disait que le descendant d’Alexandre était lié à l’Ordre des Protecteurs. Toute cette affaire sentait le soufre. Je devais savoir. Je voulais savoir. 

  Je lâchai mon bouquin et partis voir Stéphane pour obtenir des explications. Je le trouvai dans sa chambre, allongé sur son lit.
  – Stéphane ?
  – Oui ?
  – Vous souvenez-vous d’hier soir ?
  – Bien entendu ! J’en ai même gardé un petit souvenir, dit-il en se massant l’épaule où la chair avait été tranchée.
  – Qu’est-ce que l’Ordo Patronorum ? Comment se fait-il que cet homme vous ai attaqué hier ?medaillon-Ordo-Patronorum.jpg
  – Je n’en sais rien du tout ! Et je vous signale qu’il nous a attaqué tous les deux.
  – Non, il s’en est pris à vous ! Il semblait vous connaître. Et vous aussi vous le connaissiez !
  – C’était la première fois que je le voyais.
  – Peut-être, mais le médaillon qu’il portait à son cou ne vous semblait pas inconnu. Ne me mentez pas ! Je sais que vous connaissez cet Ordre !
  Stéphane se redressa brusquement.
  – Je ne connais pas d’Ordo Patronorum vous dis-je ! s’écria-t-il, excédé. Cela fait la deuxième fois durant mon existence que je rencontre une personne portant ce médaillon, mais je n’en sais pas plus que vous sur le sujet !  

  – Vous vous êtes déjà fait attaquer par un membre de cette organisation ?
  – Oui, je viens de vous le dire.
  – Et vous en ignorez la raison ?
  – Exactement !
  – Y a t-il d’autres vampires qui ont été attaqués par eux ?
  – Pas que je sache. Vous m’énervez avec vos questions !
  Il sortit de la chambre d’un pas vif. Décidément, parler de l’Ordo Patronorum le troublait.
  Aucun autre vampire n’aurait subi les attaques de cet Ordre. Et l’homme qui avait sauté sur nous hier avait hurlé « Le Traître doit mourir » à Stéphane. Mon charmant compagnon en savait bien plus qu’il ne le disait. « Vous n’égalez pas vôtre aïeul dans l’art du mensonge, mon cher Stéphane. », pensai-je. Lui et sa lignée était décidément plein de mystères ; et ma curiosité innée m’obligeait à fouiner dans les secrets du passé.
  Je passai la nuit à rechercher sur Internet des informations sur l’Ordo Patronorum. En vain. Je ne tombai que sur des sites pleins de textes en latin, mais rien sur une quelconque organisation d’épéistes anti-vampires. 

  Je décidai de scanner le médaillon et d’utiliser un logiciel de recherche qui se base sur la reconnaissance graphique. Après avoir passé en revue des milliers d’images trouvés sur la Toile, je tombai sur une le symbole qui était représenté sur mon médaillon. Toute excitée, je cliquai sur l’image et ouvris ainsi le site sur lequel figurait celle-ci. La page, dont l’adresse web n’était pas référencée dans les moteurs de recherches, était dépourvue de tout ornement mis à part le symbole du médaillon qui figurait en fond d’écran et un champ de texte pour un mot de passe. Cela semblait être l’Intranet de l’Ordo Patronorum. Mes connaissances en piratage informatique étant assez faible, je ne parvins pas à franchir la barrière de protection de la page. Frustrée et lassée, je quittai l’ordinateur en me disant que j’irai chercher un informaticien demain soir pour me servir de repas. Il pourra certainement m’aider.
  En attendant, je repris mon livre, Dracula de Bram Stocker, et me remis à lire les absurdités concernant les vampires. Ce pauvre écrivain irlandais ne devait plus avoir toute sa tête pour dire autant de bêtises. Ma foi, si le comte Dracula ne pouvait pas se voir dans un miroir, comment faisait-il pour se coiffer et être présentable au yeux du monde ? Amusant !

Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Oeuvres personnelles
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 18:02

280155.jpg

 

majuscule-N.jpg aples au XVIIIe siècle. Vicenzo Vivaldi, fils du marquis et de la marquise de Vivaldi, jeune homme fougueux et courageux, tombe sous le charme d’une inconnue qu’il aperçu durant l’office : une jeune fille belle et innocente – comme toutes les héroïnes du roman gothique, qui, rappelons-le, est un héritier du roman sentimental – répondant au nom d’Elena Rosalba.
La jeune fille étant de condition modeste, les parents de Vivaldi s’oppose à cette alliance lorsque leur fils leur fait par de son désir de l’épouser.
Mais Vivaldi s’entête et continu à voir Elena, malgré les recommandations de sa famille et d’un moine fantomatique qui disparaît dans les ténèbres après avoir annoncer quelques malheurs au jeune comte… et un jour comme un autre, alors qu’il tente de poursuivre ce moine étrange, Elena est enlevée.
Vivaldi, parti sur les pas de celle qu’il aime, à travers des paysages magnifiques, des ruines effrayantes, des couvents sanguinaires et jusque dans les prison de la Sainte Inquisition. Il y découvrira un complot  plus inattendu qu’il pensait…

 

Avec L’Italien ou le Confessionnal des Pénitents Noirs (1797), Ann Radcliffe nous livre, trois ans après son monumental Les Mystères d’Udolphe, un chef-d’œuvre du roman gothique. A mon avis, ce roman est même plus abouti que son best-seller. Mieux, on y voit nettement l’influence qu’aura le roman gothique sur le polar, grâce à cette enquête dont le suspence de nous lâche qu’à la dernière page.
On regrettera juste qu’Ann Radcliffe rende les interventions surnaturelles plus naturelles et rationnelles… un défaut qu’on peut mettre sur le dos du Rationalisme ambiant qui fut véhiculer avec les Philosophes des Lumières.

Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Littérature & Art
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 19:25
majuscule-L.jpg e Rouge et le Noir, paru en 1830, est la deuxième œuvre de Marie-Henri Beyle, id est Stendhal.

  Elle narre l’histoire de Julien Sorel, fils d’un charpentier de Verrières , jeune homme orgueilleux et curieux julien-sorel.jpgqui n’aspire qu’à une grande destinée, comme son idole Napoléon Bonaparte. Doué pour les études et parfait latiniste, il est recommandé par l’abbé Chélan auprès du maire, M. de Rênal, qui le prend comme précepteur. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de l’épouse du maire, Mme Louise de Rênal, une femme dont la naïveté charme Julien. Entre ses deux personnes se noue une idylle ; mais bientôt, Elisa, la femme de chambre de Mme de Rênal, fait courir la rumeur de cette adultère. Afin d’éviter tout scandale, M. de Rênal  décide de renvoyer Julien ; il est envoyé au séminaire de Besançon.
Là-bas, il se montre différent de ses camarades : entouré de toute part par des jeunes gens sales dont le plus grand désir est de manger un peu de choucroute. Repéré par l’abbé Pirrard, administrateur du séminaire, Julien entra au service du marquis de La Mole, en tant que secrétaire.

  C’est ici que le jeune Sorel montre tout son art : élégant, froid, insaisissable, bref ! dandy, il s’attire les grâces de Mlle de La Mole, fière héritière de Boniface de La Mole, le comte protestant dont la reine Marguerite de Valois tomba amoureuse – histoire reprise par le romantique Alexandre Dumas pour sa Reine Margot. Elle en tombe enceinte. D’abord furieux, le marquis de La Mole consent à un mariage et à donner à Julien et Mlle. De la Mole une rentre de dix mille francs chacun. Les amants s’apprêtent à célébrer leur mariage lorsque la marquis reçoit une lettre de Mme de Rênal dénonçant l’immoralité et la perversité de Julien. Furieux et blessé dans son amour-propre et son honneur, Julien retourne à Verrières et tente d’assassiner celle qui a écrit un tel mensonge.
  Emprisonné, notre « héros » est exécuté. Le roman se termine sur l’image de Mlle de La Mole, baisant une dernière fois la tête de son amant… tout comme Marguerite de Valois fit avec la tête de Boniface de La Mole.
Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Littérature & Art
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Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 18:53
majuscule-D.jpg e nos jours, lorsqu’on entend le mot canne, on pense à un outil servant soit à pêcher, soit à aider les vieillard à marcher. Ce ne fut pourtant pas toujours le cas.

Si la canne a bien servit à faciliter la marche des individus durant les ères primitives de notre Histoire, elle fut dès l’Antiquité l’apanage des patriciens et des hauts-gradés romains.
  canne-12.jpg Son usage nobiliaire se perdit durant le Moyen-Âge, puis elle réapparue à la Renaissance, avec Catherine de Médicis. Les Rois de France, et surtout Louis XIV en firent un objet de royauté, de puissance et d’autorité. Sa cour copiant sans-arrêt les nouveauté du souverain, le canne – assez longue à cette époque – devint l’objet de la noblesse.
  Mais il fallut attendre le XIXe siècle et en particulier le règne de Louis-Philippe d’Orléans (1830-1848) pour que la canne se démocratise. Accessoire nobiliaire sous l’Ancien Régime, elle devint celui de la bourgeoisie, et il était aussi inconcevable pour un homme fashionable de sortir sans canne que pour une femme de sortir sans chapeau. 
  Ce fut l’âge d’or de la canne : on en fit en tous types de bois, et les pommeaux étaient de véritable chef-d’œuvres de bijouterie. Argent, pierreries, ivoire, émail … toutes les matières les plus nobles y étaient présentes. Les femmes mêmes avait des cannes, moins longues que celles des hommes et enrubannées de dentelles.

  Cet accessoire vestimentaire permettait de parfaire une mise, de rendre la port droit et… de se battre ! Car les rues de Paris n’étant pas sécurisées, il était facile de tomber nez-à-nez avec des gens peu commodes. Le port de l’épée étant interdit depuis bien longtemps, on se servait donc de sa canne pour se battre.
  Appelé canne française ou canne royale, cet art martial typiquement français (à l’instar de l’escrime et de la savate) était également pratiqué par l’armée comme introduction au sabre.
  Depuis, la canne n’est portée – mis à part les personnes dites « à mobilité réduite » ou « âgées » (l’euphémisme étant un sport national de la République) – que par quelques originaux connaisseurs des bienfaits de la canne ou par certaines ligues extrêmes royalistes qui s’en servent en duel.
Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 21:48
Comte-d-Orsay.jpg majuscule-C.jpg ’est le 4 septembre 1801, à Paris, que naquit Alfred Guillaume Gabriel, comte d’Orsay, fils d’Albert Gaspard Grimod, comte d’Orsay et général de l’Empire, et d’Elénonore de Württemberg, baronne de Franquemont.

  En 1822, arrivé à Londres un an plus tôt, il fit la connaissance du comte et de la comtesse de Blessington avec qui il voyagea jusqu’en Italie où il rencontra et charma lord Byron, le célèbre poète romantique. C’est sous cette tutelle grandiose que le comte d’Orsay fit son entrée dans le beau monde londonien.
  Or, le bonne société anglaise de la première moitié du XIXe siècle était blasée de tout ; et la ranimer était chose difficile. Brummel le fit : il plut en déplaisant, étrange paradoxe typiquement anglais. Vaniteux et railleur, le Beau Brummel passait son temps à se moquer de ses contemporains, à se jouer des convenances ; hors cela suffit à intéresser les Anglais. A vrai dire, c’était cela le dandysme à l’anglaise : la raillerie et la méchanceté gratuite. Lord Seymour en fut un bon exemple également : il lançait des pièces au carnaval dans le seul but de voir les badauds se battre pour les récupérer ; il donnait à ses hôtes des sucreries remplis de laxatifs, etc.
  Mais le comte d’Orsay charma les Anglais d’une tout autre façon : il mariait l’esthétique anglaise aux manières françaises. Il était taquin sans être sarcastique,  impertinent sans être irrespectueux, galant sans être niais. Il fut le modèle du dandysme à la française. On se rappellera toujours cette anecdote, où d’Orsay lança une assiette à la figure d’un général, parce qu’il avait dit du mal de la Sainte Vierge et, qu’en tant que Français, il se pouvait souffrir qu’on parlasse mal d’une femme.
  Néanmoins, dire qu’il n’avait aucun tort serait mentir. Il demanda la main d’Henriett Gardiner, fille de lord Blessington, dans le but d’hériter de la fortune familiale. Henriett ne fut d’ailleurs sa femme que peu de temps. Il dépensait sans compter pour assouvir ses milles fantaisies (on le vit se promenant dans un chariot à l’allure de dragon).

  Pourtant, il fut le modèle de toute une génération. Avec lady Blessington, il organisa des salons littéraires et artistiques – nouveauté à l’époque, puisque les salons étaient habituellement exclusivement fréquentés par la noblesse.
  Lady Blessington fut un écrivain mondain à la mode jusqu’à sa mort en 1849.
  D’Orsay, appauvrit, finit sa vie en tant qu’artiste sculpteur (il fit le buste de Lamartine) et décéda le 18 août 1852. Il fut enterré sous la pyramide qu’il avait bâti lui-même et où reposait déjà lady Blessington, à Chambourcy, en Yvelines. Ensemble à la vie, à la mort, dans une éternelle amitié…  
Par Beliath d'Eliancourt - Publié dans : Culture & Art de vivre
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  • : Sanguis Tenerrimum Nectarium Est...
  • Sanguis Tenerrimum Nectarium Est...
  • : vampire gothique romantisme dandy vampyre Littérature
  • : Une lueur dans les Ténèbres, un espoir, un rêve, un absolu et un idéal... il n'était pas mort, juste endormi, attendant l'heure où le monde sombrerait de nouveau dans la décadence, où l'existence deviendrait fade et n'aurait plus aucun sens; car tel un phénix calciné, de ses cendres le Romantisme renaît...
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